CULTURE
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Inventeur du style «ragganga» un mélange de reggae, de rock, de blues, de pop, de folk et de musiques traditionnelles haïtiennes, comme le rara et le vaudou Belo artiste engagé a donné plus de 25 concerts de solidarité depuis janvier.
Lauréat du Prix RFI Découvertes en 2006 Belo continue de donner des spectacles à travers le monde. Il trouve toujours le temps, entre ses concerts, pour aller en Haïti aider dans la reconstruction tant psychologique que physique du pays.
A dominance reggae, son premier album «Lakou Tranquil» sort en août 2005 en Haïti. «Référence» son deuxième album sort au printemps 2008. Conscient de la place qu'il occupe auprès de ses compatriotes, celle de porte-parole, il aborde des thèmes plus engagés comme dans Mwen bouke (J'en ai assez) ou Timoun Yo chansons dans lesquelles il évoque le sort des enfants d'Haïti.
Belo chante en créole car il pense que sa musique n'aurait pas la même raison d'être si les haïtiens ne le comprenaient pas «chanter en créole, ça me permet d'attirer l'attention sur notre culture. Ça ne m'empêche pas d'être entendu à l'étranger, la musique est universelle.»
ART ET SPECTACLE
Haiti-Peinture-Expo : Hold-up réussi de Basquiat
Posté le 30 décembre 2009
Une exposition 21 transferts sur toile de Jean Michel Basquiat a eu lieu le mardi 22 décembre dernier au nouveau local de l’Université Quisqueya. L'activité était réalisée par la Banque de la République d'Haiti en collaboraiton avec le Musée d'Art haitien sous le thème « du S.A.M.O à la négritude… un survol de Basquiat ».
Jean-Michel Basquiat échappe à tout catalogage rapide : né et décédé aux Etats-Unis d’Amérique, puis élevé par un père haïtien et une mère portoricaine, il est entré presque par effraction dans les musées, les galeries, les subway du Big Apple en raison de son œuvre phénoménale.
Basquiat, travailleur acharné et serrurier accompli, a réussi son hold-up grâce à un art mouvementé, tourmenté et bouleversé qu’il s’est imposé dans les entrailles d’Amérique.
Artiste des rues, happé dès le départ par sa mémoire des origines, Basquiat mélange avec bonheur le rythme trépidant de sa vie nord-américaines et les contraintes de la peinture du maître : Andy Warhol. L’art de l’élève débonnaire prend forme et sa grammaire liée souvent à la B.D, aux dessins animés et à la marche du temps se font autoroute d’un monde secret oscillant entre la figuration et abstraction libre, voire lyrique.
Tel un miroir désobéissant ou un vitrail voilé, Samo, (son sobriquet, Same old shit) était conscient de son ancrage au monde afro-américain. Il s’était plongé dans l’art pictural comme un forcené pour défier les compteurs de l’échelle américaine du marché de l’art.
Sans prévenir personne, Samo est parti en un coup d’éclair comme dans une psychopathologie de la mort et de l’autodérision, nous rappelant Van Gogh, Rimbaud, Baudelaire, Mozart.
Ainsi, la lumière qu’il a fait jaillir dans le métro de New York, rejaillit chez les collectionneurs, les muséologues, les historiens de l’art et les critiques journalistiques.
Basquiat avait-il eu le temps de revoir ses lévitations, sa descente en enfer et ses pauses au purgatoire de saint et de martyr ? Son hara-kiri baptisé overdose par un médecin légiste ne signifierait-il pas un long crachat lancé au monde du showbiz par l’artiste parvenu au sommet de sa gloire ? Son départ en vitesse ne ressemble-t- à un saut périlleux d’un génie à l’entrée principale de l’une des portes de la mort ?
"La vie des génies artistiques ne saurait être réductible à l’apothéose et à l’échec : qu’est ce que la vie ? À cette question toute œuvre d’art véritable et réussie répond à sa manière et toujours bien. Mais les arts ne parlent jamais que la langue naïve et enfantine de l’intuition, et non le langage abstrait et sérieux de la réflexion : la réponse qu’ils donnent est toujours ainsi une image passagère, et non une idée générale et durable". Arthur Schopenhauer
C’est donc pour l’intuition que toute œuvre d’art, tableau ou statue, poème ou scène dramatique, répond à cette question ; la musique fournit aussi sa réponse, et plus profonde même que toutes les autres, car, dans une langue immédiatement intelligible, quoique intraduisible dans le langage de la raison, elle exprime l’essence intime de toute vie et toute existence. Les autres arts présentent tous ainsi, à qui les interroge, une image visible, et disent : Regarde, voilà la vie ! »
Tout un plan du travail de Basquiat rappelle la logique de dénonciation du racisme exprimée comme des parenthèses de la mort à travers ses peintures, dessins, sculptures, graffitis inscrits dans une sorte de mythologie noire américaine cultivée avec rage et maîtrise individuée. Les icônes noires sportives et musicales lui ont servi de haies qu’il a enjambées comme un ange bleu des stades.
L’art de Basquiat se veut complice de la violence américaine et écho élégant, vertigineux même des enjeux afro-américains. De tels enjeux, parlent fort .si l’on se laisse absorber par les inventions plastiques de ce génial créateur, l’oreille tendue pour capter les cris des bas-fonds new-yorkais refusant reculades et les soumissions. Ceci nous ramène à Owen qui a surpris le nazisme lors des jeux olympiques de1936 en lançant sa médaille d’or avec assurance dans le ciel allemand.
Les fans de Basquiat songeront longtemps à ses masques, à ses chevauchements de mondes d’arts : mayas, aztèques, afro-caribéens. Le plasticien, par endroits, fait revivre une écriture ancienne proche du papyrus et du codex.
Chez ce voleur de feu, troublé par la nuit et trop proche des Gorgones, la mort montait la garde jusqu’à emporter le divin maître à l’âge de 27 ans. Le docteur a dit : « overdose. Les membres « fan club »de l’artiste prétendent plutôt qu’il s’agit là de son entrée magistrale dans son Nirvana.



